Actualité 2013-14, Analyse, Repêchage

Bâtir une équipe gagnante 101


Bâtir une équipe de la NFL est complexe. Il y a plusieurs façons, voici celle que je privilégierais si j’étais en charge…pas facile : 53 joueurs, 22 positions, mais si on tient compte du monde de spécialistes dans lequel la NFL a migré (receveur intérieur, 3e CB intérieur (« slot corner »), porteur de ballon pour les 3e essais, etc…), et vos réservistes doivent pouvoir offrir une contribution sur les unités spéciales. C’est en tout plus d’une trentaine de rôles qui doivent être remplis par différents joueurs. Le plafond salarial, les contrats minimums aux vétérans, de loin le plus gros casse-tête du sport professionnel.NFL-Logo-Football-Sports-Building

Mais il y a certaines règles de base à respecter:

3-4-defense4-3-defenseA) Continuité dans les systèmes et les stratégies. Au hockey et au baseball, on change souvent de coach parce qu’il a « perdu le vestiaire », juste pour changer d’air. Au football, ça veut aussi dire changer de système. C’est pas seulement des jeux différents : la plupart des équipes sont bâties pour jouer un système en particulier. Changer de philosophie, ça veut dire que plusieurs joueurs qu’on a sous contrat ne sont pas faits pour jouer ce genre de système. Passer d’un 4-3 à un 3-4, par exemple, fera en sorte qu’au moins 4 de vos partants ne seront pas à leur meilleur dans le prochain système, et devront à moyen terme être remplacés. Il manque toujours un pur NT et au moins un OLB pour avoir le personnel, et le gars qui jouait comme WLB n’a plus de place. Je n’ai pas vraiment de préférence entre un 4-3 ou un 3-4, ou un système offensif « west coast » ou un autre, quoique je crois beaucoup à l’offre et la demande: avec toutes ces équipes qui passent au 3-4, d’excellents joueurs de 4-3 seront disponibles, et il y aura peu d’acheteurs donc le prix va baisser, autant pour les choix au repêchage qu’au niveau des joueurs autonomes. Donc, messieurs les DG’s, faites votre choix d’entraîneur-chef, et de système, bâtissez votre équipe en conséquence, et de grâce, tenter d’être patients avec vos coachs et surtout le type de système utilisé. Les Eagles en ont pour deux ans, sinon trois, pour faire le virage au 3-4, et ça va tirer beaucoup de ressources autant en choix de repêchage qu’en argent pour des joueurs autonomes ou se départir de joueurs qui n’y ont pas leur place. Les Packers l’ont réussi rapidement, mais ils ont dû investir deux choix de 1ere ronde en B.J. Raji et Clay Matthews, et touché la cible sur les deux, ce qui n’est est contraire à la loi de la moyenne.

Super Bowl XLVII - Baltimore Ravens v San Francisco 49ersB) Embaucher un coach en chef qui supervise, et deux coordonnateurs d’expérience pour appeler les jeux. Une des choses qui me fait tant rager dans la NFL c’est les problèmes de gestion de l’horloge, des « challenges » et autres responsabilités qui devraient être celles de l’entraîneur-chef. Or, souvent celui-ci est trop concentré à appeler les jeux en attaque pour voir ce qui se passe en défense. Si j’embauche un entraîneur-chef, je lui demande de voir la forêt, et d’avoir deux rats de bibliothèque comme coordonnateurs, qui eux verront les arbres. John Harbaugh est le meilleur exemple.

top-qb-brees-manning-rodgers-brady-nflC) Ça ne vaut pas la peine d’investir dans le développement d’un quart moyen. Développer un quart se fait rapidement aujourd’hui, mais se tromper (voir Gabbert, Blaine) peut vous coûter deux ou trois saisons. Et pour gagner le Super Bowl, a moins d’être excessivement bourré de talent ailleurs, c’est essentiel d’avoir un top QB. Un des X meilleurs de la ligue, préférablement Y (voir mon classement publié ici). Le taux de succès de quarts-arrières repêchés en 2e ronde et après est extrêmement bas. Pour chaque Tom Brady, il y a 30 B.J. Coleman. Colin Kaepernick est l’exception. Vous ne gagnerez pas avec Andy Dalton, Chad Henne ou autres. Donc si vous avez besoin d’un quart (Chiefs, Cardinals) et que personne ne vous fait vibrer dans le repêchage, ne pas « s’essayer» avec un jeune qui vous laisse dans le doute et vous handicapper pour 3 ans à passer votre tour sur de meilleurs prospects pour essayer de récupérer votre investissement. Vivez une saison de plus avec un vétéran ordinaire, en attendant que l’opportunité de repêcher quelqu’un en qui vous croyez vraiment comme un top-10 d’ici deux ans se présente.

nfldraft-goodellD) Bâtissez avec le repêchage. Plus que jamais, avec la nouvelle échelle salariale, vous pouvez mettre la main sur un partant en 2e ou 3e ronde pour une fraction de ce que coûte un vétéran partant ordinaire. Les bonnes équipes se démarquent aussi par leurs choix de 4e ronde et plus, desquels ils finissent toujours, si on regarde deux ou trois ans après, par y déceler un joueur de qualité. Les Seahawks paient 2.2M$ pour 4 ans de Russell Wilson (3e ronde) , et 4.3M$ pour 4 ans de Bobby Wagner (2e ronde), le total de 8 saisons (6.7M$) correspond environ à ce que Matt Flynn a gagné cette année seulement…

NFL-Money-CBAE) Quand vient le temps de payer des agents libres, « go big or go home! » : les équipes qui se retrouvent en problèmes face au plafond salarial sont souvent celles qui ont « acheté » des partants moyens à prix…moyen. Je m’explique : certains joueurs d’élite font la différence dans un match, ils forcent les autres équipes à s’ajuster. Ça vaut la peine, si vous croyez que ce joueur a le désir de vaincre et la condition physique pour produire à ce niveau pendant la durée du contrat, de payer le gros prix pour ce genre de joueur. Julius Peppers, par exemple. Peppers a signé un contrat de 84M$ sur 6 années avec 42 M$ garanti, qui sera probablement en réalité 5 ans, 68M$ soit presque 14M$/an. Depuis il performe bon an mal an comme un des 5 meilleurs DE de la ligue, ce qui force les équipes adverses à planifier pour le contrer. Ça vaut la peine. Mais si vous n’arrivez pas à embaucher ce genre de joueur, la même année en 2010 c’est en payant un joueur B- (Kyle Vanden Bosch) 26M$/4 ans que les Lions ont rempli leur plafond salarial, alors que les bonnes équipes attendent que le marché devienne plus mince et mettent la main sur un joueur C pour 1M$/an. La différence de production entre le C et le B- ne vaut pas les millions que ça coûte en tre un joueur moyen et un joueur « pas pire ». Dit autrement, j’aime mieux avoir un joueur A+ à 11M$ et un joueur C à 1M$ que deux joueurs B- à 6M$ chacun, parce que la présence du A+ sur le terrain va rendre le C pas mal meilleur.

Je vais donc me fier à ces règles quand je vais évaluer ce que les équipes devraient faire, et quand je vais commenter les gestes concrets qu’elles auront posées. Pour les deux premières règles, c’est déjà trop tard, mais enfin, il reste les 3 autres.

Je vous encourage d’ailleurs à participer : si vous étiez nommés dg de votre équipe favorite, que feriez-vous cette saison morte? Quel joueur garder, lequel laisser partir, qui viser sur le marché des joueurs autonomes ou au repêchage ? Je vous encourage à faire comme mon collègue Mathieu l’a fait pour ses Bengals et nous soumettre votre billet (fichier Word) dans un message privé sur notre page Facebook et les meilleurs seront publiés sur toutes les plateformes de Le Blitz NFL. Le premier, sur les Chargers est déjà en ligne!

Discussion

Rétroliens/Pings

  1. Pingback: Quelques constats de la 1re semaine de signature des agents libres | Le Blitz NFL - 20 mars 2013

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